Et ouais, encore du rêve, je sais...C'est plus fort que moi, toujours le besoin de trouver un titre plus con que le précédent, c'est que ça se travaille, on n'y arrive pas comme ça du premier coup.

 J'ai longuement parlé de désespoir dans mon précédant billet où je relate une longue série de frustrations...A ce stade, ( J- 15 avant le mariage ) je n'étais pas encore en stress. J'avais l'inspiration...

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Très confiante après une sureau ( trop petite ) réalisée finger in the nose, je dois dire que la version weeding d'Eleonore m'avait fait forte impression genre persistance rétinienne et obsession nocturne, avoir envie de divorcer pour se remarier ( avec le même furet bien sur ). Je m'y voyais déjà, une super occase de mettre une robe qui claque, je savais quel tissu, que je commandais expressément, préparais amoureusement le patron.....et je savais...je savais...que comme d'habitude lorsque j'ai une dead line, j'allais finir avec des auréoles sous les bras, le chignon de traviole et les vaisseaux sanguins occulaires qui pètent : j'ai tenu toutes mes promesses....Chez moi, faire une robe, c'est comme un accouchement, on y va la fleur au fusil en refusant la péri, dilatée à 7, on supplie la sage-femme de trouver un anesthesiste, dilatée à 8 on menace de se faire l'injection soit même et une fois tout ça passé, on se marre, on se dit que c'était trop bien et on veut en faire un autre...

Pourtant, j'étais vachement bien partie d'un point de vue organisationnel, tissu arrivé à J-15, robe coupée à J-13, tissus surfilés à J -12, flemmasse de J-11 à J-6...J-4 on annule les cafés avec les copines et de manière générale toute vie sociale en dehors de la mercerie pour s'enterrer dans l'antre et on devient mal-aimable quand il ne reste qu'1 m de la guipure qu'on voulait très exactement, on envisage sérieusement de laisser les mômes à la garderie et on soudoie le furet pour qu'il les dépose à l'école...J -2 on s'aperçoit au premier essai avant fixation des jupes qu'il y a un truc qui cloche...genre, ça penche vachement à gauche, faut faire 1/8 é de tour aux coutures latérales pour retrouver un équilibre, la grande classe et le menton qui tremble...J - 15 h on essaye de se persuader qu'en bougeant vite tout le temps, personne verra...J - 14 h45, en hurlant des insanités dans diverses langues locales et internationales, on abandonne tout en vrac pour aller bosser en se disant qu'on va rattraper ça par la taille et qu'il faut pas s'en faire, puisque justement, ça va le faire... J - 11 h 45, on se résigne à admettre, que retailler par la taille serait une énorme connerie signifie de grosses approximations qui risquent d'agraver le problème..; J - 8 h + 2 furetons dans les pattes + 1 furetonnette en prêt - 1 furet en réunion qui rentrera à pas d'heure, la perle au museau, on finit par se saisir du découd-vite et accepter la triste réalité : va falloir démonter les 4 m d'ourlets rapportés et les 4 m de dentelles déjà posés pour recouper les jupes symétriquement sous le regard médusé de la furetonnette qui demande " pourrrrquoi, pourrqqquoi, pourrrquoi tu coupes ta robe ???" inspiration, pinçage d'arête du nez, expiration, salutation au soleil, pfiuuuu. Heureusement, la furetonnette de prêt est rentrée chez elle non traumatisée et les furetons ont comme leur père ( qui se dégotte des réunions aux moments opportuns ) un instinct de préservation intense qui les a incités à pionser toute la soirée, sans moufter et sans les habituels derniersbisous-dernierscalins-dernierspipis-dernierslivres-derniersgépeurdanlenoarrr. Sans quoi, je n'aurais jamais pu finir. Sachant qu'il me fallait en plus une idée pour agrémenter mes cheveux en accord avec la robe et qu'à Jour J - 30 mn je n'avais toujours pas décidé quel tissu j'allais utiliser pour la ceinture et je n'avais pas de patron ( est-ce que je la jouais siamois avec une ceinture assortie au gilet de Mister furet ou est-ce que je me la jouais solo et argghhh le rose n'était pas du tout raccord avec les godasses de rêve....mais ceci dit, je trouvais qu'on était dans le même esprit enfin surtout, je n'avais aucun tissu pour aller avec mes grolles de la mort et la reglisse en noir, avec des compensées ça faisait sacrément mémére, autant aller à la noce en slip ou/et  en sarrau....J'ai pris le parti de tout mélanger, pour la ceinture, je l'ai faite à la louche selon le principe du obi de petit citron que j'avais réalisé  j'ai remonté des chutes de tissus sur des boutons à récouvrir pour bricoler des épingles à cheveux avec du fil à tiger ( de fer en d'autres termes ) et il était 1h du matin quand les yeux collés ( les doigts aussi ) les genoux flageollant et les mains tremblantes j'ai rampé je suis montée me coucher.

Hormis cette galère, plus contrariante et retardante que dramatique et ma gestion de temps calamiteuse, ça s'est bien passé, juste que mon angle droit n'était pas assez long en bas de jupe, ce qui formait  une queue de rat assez peu seyante sur quelqu'un de ma circonférence. Le tissu de bonne qualité était assez facile à coudre si ce n'est que la crèpe n'arretait pas de déraper sous le pied de biche et c'était véritablement et prodigieusement agaçant au point que la taille est un peu foireuse au niveau de la mousseline que je ne me suis pas embêtée à reprendre puisqu'il y avait la ceinture pour cacher la misère mais je pense que je vais prendre le temps prochainement un jour. Sur les photos, les pinces poitrines ne semblent pas adaptées, c'est une question de dessous, techniquement parlant, le patron est bien fait, j'ai simplement abandonné les découpes dos pour couper un seul morceau ce que je trouve plus seyant avec ce type de tissu, ce que j'aurais bien fait pour l'avant aussi mais je craignais de trop galèrer avec l'ourlet rapporté de l'encolure. Après coup, j'ai d'ailleurs regretté d'avoir laissé l'ourlet rapporté dedans et non dehors, c'était complètement raccord avec la ceinture satiné et ç'eût été plus esthétique que la simple couture, qui initialement, devait être masquée avec de la dentelle mais celle que j'ai trouvé n'était pas très adaptée pour être posée au milieu du vêtement. Ce sera sans doute pour une autre fois. Contre toute attente, la mousseline n'a pas été difficile à coudre, j'ai choisi une aiguille en 70 car je n'ai pas trouvé moins, par contre, pour la couper, j'ai cru me simplifier la tache en coupant en une seule fois la crèpe et la mousseline mais le coté glissant de la mousseline a provoqué l'erreur de coupe relatée plus haut qui a faillit m'achever.

En conclusion, cette robe aura nécessité 3,60 m de crèpe, 2 m de mousseline, 5 m de biais satin, 3 m de dentelle, 100 m de fil noir et quelques mais pour la réglisse, je signe et resigne, cette robe est magnifique, n'est pas excessivement compliquée à réaliser et délicieusement féminine comme toujours, merci Eleonore. Les tissus crèpe, mousseline, satin et la mercerie diverse proviennent de selftissu, l'Echino Etsuko Furuya noir vient de mod4 et il est sublime. Crédits photos à ma copine café du Dredi

 

En mode danseuse de french cancan ou regarde ma doublure comme elle est belle avec son biais de satin ....qu'on ne voit pas bien.

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Le plan super flatteur humm pour montrer le petit oiseau qui cache un col pas tout à fait symétrique ( les 2 mm qui tuent ) 

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la ceinture et quelques détails

 

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